Au côté de la marraine du Festival Florence Grall, et d'un réprésentant de la municipalité du Chesnay-Rocquencourt, Alain Keller et Thomas Delhemmes composent le jury
Florence Grall
Photographe portraitiste
Je suis Florence Grall, photographe portraitiste à Caen, où j’ai créé le Studio 101, un lieu entièrement dédié à la rencontre humaine et à la mise en lumière de chacune de ces rencontres.
Cette année, je fête mes trente ans de photographie, et je suis très heureuse de les partager avec vous en tant que marraine du Festival de la photographie du Chesnay.
J’ai commencé mon parcours à Paris, dans l’univers de la mode, comme assistante photographe. Mais très vite, j’ai ressenti le besoin d’aller vers quelque chose de plus vrai, de plus intime, de plus profondément touchant.
Depuis quelques années, j’aime développer une œuvre profondément humaine, attentive aux trajectoires de vie, aux visages marqués par le temps, aux corps traversés par l’existence. J’aime photographier celles et ceux que l’on regarde trop peu : les personnes âgées, les détenus, les personnes vivant dans la rue… Par mon approche, toujours respectueuse et immersive, j’espère donner naissance à des images empreintes de dignité, de tendresse et de force.
Parmi mes projets marquants, j’ai réalisé une série au cœur de l’une des prisons les plus sécurisées de France, où j’ai choisi de photographier des fragments de corps, des cicatrices et des tatouages, pour préserver l’anonymat tout en racontant les vies. J’ai également mené un travail de sensibilisation autour des personnes sans abri, construit sous forme de doubles portraits réalisés avant et après une journée d’accueil dans un foyer chaleureux, autour d’un bon repas partagé et d’une écoute bienveillante. Une manière de redonner visage et présence à ceux que la rue rend invisibles.
Chacun de ces projets m’a appris quelque chose. À écouter davantage. À laisser de côté mes idées toutes faites. À découvrir combien une personne peut nous toucher lorsqu’on prend simplement le temps de la rencontrer. Avant chaque photographie, il y a un échange, parfois une hésitation, un rire, puis cette confiance qui permet à l’image d’exister.
Au fil de ces trente années, mon regard a évolué, mes façons de créer aussi. J’aime travailler de mes mains, explorer les procédés anciens comme le cyanotype, fabriquer des accessoires et imaginer des mises en scène. La curiosité est toujours là, avec l’envie de donner une forme à ce que je ressens et à ce que les autres me confient. À travers toutes ces images, je questionne ce qui fait notre humanité : les blessures, la transmission, la beauté des rides, la lumière dans les failles. Je ne cherche pas à montrer, je cherche à rencontrer.
Et si ces photographies existent aujourd’hui, c’est pour nous inviter, peut-être, à regarder l’autre sous un prisme différent et plus doux.
Alain Keler © Léo Keler
Photojournaliste et photographe documentaire
Membre de l’agence MYOP, ancien de Sygma et Gamma, cofondateur d’Odyssey Images, Alain Keler est une grande figure du photojournalisme. Depuis les années 1980, il couvre les grands conflits mondiaux (Liban, Tchétchénie, Israël-Palestine, Iran, Salvador) et mène des travaux profonds sur les minorités et les questions de mémoire. Lauréat du Prix W. Eugene Smith, du World Press Photo et d’un Visa d’Or d’Honneur, il développe une œuvre mêlant histoire intime et Histoire collective, entre document, transmission et humanité.
Thomas Dhellemmes
Thomas Dhellemmes, né en 1963 à Lille, vit et travaille à Paris. Il revendique « une autre façon de voir » grâce à son Polaroïd qui n’autorise qu’une seule prise, toute en lenteur, en acceptant les fragilités. Il parcourt les chemins, en quête d’un état de grâce. Il est représenté par la Galerie Polka Paris.